
Photo Claude CLARAZ
Chapelet
du Pape Pie VII, exposé dans la première
salle du Musée Napoléon 1er du château
de Fontainebleau.

Photo
Philippe FUZEAU
Chapelet
du pape Pie VII, vers 1800
Agate et cuivre doré
L . 0,40 m
Historique : donné par Pie VII au docteur Balthazar
Claraz , 1812 ; don des familles Corriol, Giraudot,
Van Straaten, descendantes du docteur Balthazar Claraz,
2002
Bibliographie : La revue du Louvre et des musées
de France, 2003-3, Acquisitions, n°35, p.99
Fontainebleau, Musée national du château,
inv. F 2002.4
Par son histoire, comme par sa composition, ce chapelet
est un objet unique. Il a été donné
par Pie VII, en juin 1812, au docteur Balthazar Claraz
(1763-1839) qui l'accompagna depuis le Mont-Cenis,
lors de son transfert de Savone à Fontainebleau.
Seule " richesse " emportée alors
par le pape, selon ses propres termes rapportés
par le docteur Claraz (1), ce chapelet comporte six
dizaines au lieu des cinq habituelles. Il correspond
à un chapelet dit de sainte Brigitte, mis en
honneur par la sainte au Moyen Age et approuvé
par Léon X, en 1515. Pie VII, issu de l'ordre
des Bénédictins, semble avoir eu une
dévotion particulière pour sainte Brigitte.
Le
chapelet répond par ailleurs au type des chapelets
pontificaux qui étaient distribués à
la fin du XVIII é siècle, comme en témoigne
la description faite par le célèbre
amateur et ami de Fragonard, le financier Bergeret
de Grancourt, qui en reçut un lors de sa visite
à Rome au pape Clément XIV, le 20 juin
1773 : " Ces chapelets sont de jaspe, avec un
gland et petite médaille d'or au bout (2). "
La médaille suspendue au gland de fils dorés
du chapelet donné par Pie VII est ornée
sur la face d'un profil du Christ nimbé et
sur le revers de celui de la Vierge également
nimbée.
La
venue du pape en France fut l'occasion de multiplier
l'usage des chapelets. Durant son séjour parisien,
certains marchands qui en faisaient le commerce en
débitèrent, aux dires de Constant, premier
valet de chambre de l'Empereur, " plus de cent
douzaines par jour " et les personnes qui se
présentaient à l'audience du Saint-Père,
ou qui se pressaient autour de lui, dans sa sortie,
faisaient bénir des chapelets pour elles-mêmes,
pour tous leurs parents et pour leurs amis de Paris
ou de la province. Les cardinaux en distribuaient
aussi une incroyable quantité, dans leurs visites
aux divers hôpitaux, aux hospices, à
l'hôtel des Invalides, etc. On leur en demandait
même dans leurs visites chez des particuliers
(3) ".
Amaury Lefébure
Conservateur général du Patrimoine,
directeur
du Musée national du château de Fontainebleau
1.
Docteur Louis Guilland, Un épisode de la vie
du Dr Claraz, médecin à Termignon, département
de la Savoie, canton de Lanslebourg, arrondissement
de Saint-Jean-de-Maurienne. Notes particulières
et inédites sur la translation de Pie VII de
Savone à Fontainebleau, Chambéry, 1878,
p. 14
2.
Bergeret de Grancourt.Voyage d'Italie. 1773-1774.
Avec les dessins de Fragonard (Introduction et notes
de Jacques Wilhelm, conservateur adjoint du musée
Carnavalet). Paris, 1948.p.119.
3.
Mémoires de Constant, premier valet de chambre
de l'Empereur, sur la vie privée de Napoléon,
sa famille et sa cour,t.I,Paris,s.d.(1910 ?), pp.385-386.
"
Reliques " Papales.
Retour
en haut de page